Le jour où mon roman a failli être traduit en russe

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Bonjour à tous ! J’espère que vous allez bien 😊 Aujourd’hui, je reviens pour vous partager une petite anecdote où il sera question d’une maison d’édition russe (et très probablement d’une arnaque).

Premier contact

Tout a commencé au mois de février où j’ai été contactée via le formulaire de mon site auteur. Une dame, que nous appellerons Mme B., s’est présentée comme travaillant pour une importante maison d’édition en Russie. Dans son mail rédigé en anglais, elle me demandait si les droits étrangers de La Voleuse des toits étaient disponibles pour la Russie et s’il était possible que je leur envoie mon roman en pdf pour évaluation.

Sur le coup, j’ai été assez surprise par cette proposition. Avec l’aide de mon ami Google, j’ai vérifié que la maison d’édition existait bel et bien, ainsi que le profil LinkedIn de cette dame. D’après ce que j’ai pu trouver, Mme B. était bien « Foreign Rights Manager Children's Books Department » et tous les éléments paraissaient cohérents. Le mail lui-même faisait très professionnel.  Si c’était une arnaque, au pire je ne perdais que le pdf de mon roman (et pour l’avoir déjà trouvé sur des sites de téléchargement illégal, je savais que ce n’était pas un fichier de plus dans la nature qui allait changer le problème). Donc, sans grande conviction, j’ai répondu un message poli et j’ai joint le document.

Un mois plus tard…

Quand j’ai reçu une réponse un mois plus tard, j’avoue que j’avais complètement oublié cette affaire. Dans son mail, Mme B. m’annonçait que ses éditeurs étaient prêts à me faire une offre pour La Voleuse des toits. Les conditions précises figuraient plus bas dans le message. Si cela vous intéresse, je vous ai fait un copier-coller :

The details of the offer are as follows:

Advance payment: 1800 EUR

Royalties: hardcover 12%, paperback 10%;

Estimated wholesale price: 1,7 EUR per copy ;

Estimated initial print-run: 3,000;

License term: 5 years

E-book: 25% on publisher's  net receipts

Digital audio: 25% on publisher's  net receipts

Publication period: 18 months

Quand j’ai vu les conditions, une alarme s’est aussitôt déclenchée dans ma tête. La proposition paraissait trop belle pour être vraie. 1800 euros d’à-valoir, un premier tirage à 3000 exemplaires et des droits d’auteur aussi élevés, cela ressemblait franchement à un piège…

Arnaque or not arnaque

Au début, je me suis demandé s’il s’agissait d’une édition à compte d’auteur, c’est-à-dire que l’auteur participe aux frais d’impression/correction/etc. (si ce sujet vous intéresse, je vous recommande vivement la vidéo de Christelle Lebailly). Mme B. m’a répondu assez rapidement que non, on ne me demandait aucune participation financière. « Bon, me suis-je dit, c’est déjà ça. »

Un autre mail a suivi et ce nouveau message m’a convaincue que j’avais raison de me méfier. Cette fois-ci, Mme B. avait besoin de plusieurs documents afin d’établir la première ébauche du contrat :
–    Mon nom complet + adresse
–    Mes identifiants bancaires
–    Un scan de mon passeport
–    Mon certificat fiscal apostillé.

Est-ce que cela ne vous paraît pas bizarre ? Le fait qu’elle me demande mon nom complet et adresse, pourquoi pas. Mais PAS mes identifiants bancaires et encore moins mon passeport (surtout à ce moment-là de nos échanges). J’ai prétexté que je n’étais pas chez moi et j’ai demandé à ce qu’elle me fasse parvenir un modèle-type du contrat. J’ai aussi profité de ce mail pour poser des « questions bêtes ». Par « questions bêtes », j’entends des questions dont je me moquais de la réponse, mais je voulais juste savoir ce qu’elle allait me dire (en gros, je cherchais à tester le terrain). Par exemple, je lui ai demandé si elle avait une idée de la date de publication.

La réponse n’a pas tardé. Mme B. m’a répété qu’elle avait besoin des documents et que, dès que je les aurais envoyés, elle me ferait parvenir le contrat. Pour répondre à ma question, elle m’a annoncé une sortie éventuelle en automne 2021.

Quand j’ai lu son mail, j’avais suffisamment d’éléments pour craindre une arnaque : déjà l’impossibilité d’avoir accès à un contrat-type, ensuite une date de publication elle aussi « trop belle pour être vraie » (à peine quelques mois pour traduire un gros bouquin de 700 pages/faire la mise en page intérieure/etc., mouais) et puis, surtout, mon roman est une autoédition, alors par quel heureux hasard une maison d’édition russe s’intéresserait-elle à mon travail ? Il y avait aussi le fait que Mme B. répondait toujours très vite (ce que je trouve assez suspect, ha ha 😅).

J’en ai parlé dans un groupe d’auteurs Facebook et plusieurs m’ont mise en garde contre le risque d’une usurpation d’identité. Certains documents pouvaient également permettre de souscrire un prêt en mon nom. Bref, rien de très rassurant (et s’il s’agissait bien d’une escroquerie, j’en aurais pour des années de procédure judiciaire)…

J’ai coupé court à nos échanges et à ce jour, je n’ai pas eu de nouvelles. Alors, à votre avis, arnaque ou pas arnaque ? 🤔

N’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me faire part de vos théories ^^

Crédit image : Simon Hurry on Unsplash

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