Trois a priori sur l’autoédition

by - 09:18



Bonjour à tous ! J’espère que vous allez bien 😊 Aujourd’hui, j’aimerais évoquer trois a priori sur l’autoédition qui ont la vie dure. Si vous êtes auteur autoédité, n’hésitez pas à me dire en commentaire si vous avez déjà été confronté à ces préjugés ^^

 Bonne lecture !

  • L’autoédition est forcément un choix par défaut

« Mais tu n’as pas essayé d’envoyer ton manuscrit à un éditeur ? » En tant qu’auteure autoéditée, j’ai entendu cette question une bonne dizaine de fois. Oui, pour le grand public, la maison d’édition est un passage obligé pour publier son roman. L’autoédition apparaît alors comme un choix par défaut, la dernière option pour tous les auteurs dont le texte a été refusé.

Pour ma part, je n’ai jamais soumis mon manuscrit à un éditeur. J’avais envie de tenter l’autoédition, de me tester et de voir si j’étais capable de mener ce projet à son terme. J’étais soutenue par ma sœur, graphiste de profession et qui avait réalisé la couverture et la mise en page de mon roman. Par ailleurs, j’avais également suivi des cours d’édition en M2 et je pensais connaître suffisamment ce milieu pour me lancer. Un autre point important était que je souhaitais garder les droits sur mon ouvrage.

L’édition traditionnelle présente aussi des inconvénients : des délais de réponse souvent longs, des frais pour envoyer le manuscrit en format papier, la cession de droits (une fois le contrat signé, l’ouvrage appartient à l’éditeur jusqu’à 70 ans après la mort de l’auteur), des droits d’auteur qui tournent autour de 8 % et seulement 6 % pour les auteurs jeunesse, une surproduction qui ne laisse que quelques semaines aux ouvrages pour trouver leur public dans les librairies avant de disparaître des rayons…

  • Les livres autoédités sont bourrés de fautes

Ce point découle malheureusement du précédent : si le texte n’a pas été édité par un professionnel, il doit être bourré de fautes. Certes, de nombreux livres autoédités correspondent à cette réalité, mais ils ne sont pas représentatifs de l’autoédition dans son ensemble. Beaucoup d'auteurs indépendants font appel à des correcteurs pour traquer les fautes d’orthographe et produire un roman de qualité.

Il ne faut pas non plus oublier que certains volumes publiés par de grandes maisons d’édition contiennent aussi des coquilles. Muriel Gilbert, correctrice au journal Le Monde, a publié en 2017 un livre intitulé Au bonheur des fautes – confessions d’une dompteuse de mots. Dans une conférence TEDx, elle expliquait que son ouvrage avait été révisé par deux collègues correctrices et corrigé par deux autres correctrices rémunérées par l’éditeur. À sa sortie, malgré les nombreuses relectures, cet ouvrage comportait encore cinq coquilles à sa sortie. [source : N’ayez pas peur de l’orthographe] Cette anecdote nous montre surtout qu’aucun ouvrage n’est « parfait » et que les fautes peuvent être tout aussi bien dans un ouvrage autoédité que publié par un professionnel.

  • L’auteur autoédité n’est pas un professionnel

L’autoédition traîne derrière elle une image d’amateurisme. Le grand public a tendance à imaginer une couverture aux teintes criardes, réalisée par l’auteur lui-même sur son vieil ordinateur, et une histoire bourrée d'incohérences. Il en oublie que l’auteur indépendant peut être un véritable professionnel. Sans éditeur pour le soutenir, il se doit d’être multi-casquette et d’assurer à lui seul plusieurs tâches : la correction, la mise en page, la création de la couverture, la promotion… S’il ne possède pas les compétences dans tel ou tel domaine, il peut recourir aux services de professionnels (graphistes, correcteurs, bêta-lecteurs…) pour peaufiner son travail.

Alors non, un ouvrage autoédité n’est pas un ouvrage bâclé 😉 Afin de lutter contre le téléchargement illégal, l’auteure Megära Nohlan a lancé sur son compte Instagram un challenge, le Time Author Challenge, qui consiste à se chronométrer dans chaque tâche de son métier d’auteur autoédité (écriture/réécriture, correction, communication, marketing, mise en page et maquettage, création de couverture, formation à des outils) pendant 30 jours. Le but est de montrer à quel point ces tâches peuvent être chronophages et que le téléchargement illégal prive l’auteur de ses droits.

Et vous, amis scribouillards, avez-vous déjà été confrontés à des a priori sur l’autoédition ?


Crédit image : Sincerely-media sur Unsplash

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2 commentaires

  1. Hello,

    J'avoue que j'ai longtemps fait partie des gens ayant des a-priori sur l'auto édition. Notamment suite à de nombreuses déceptions dans mes lectures via l'abonnement kindle. Livres trop courts, bourrés de fautes, donnant l'impression que ça a été fait pour appâter le pigeon.

    Je suis partiellement revenue sur la question notamment quand j'ai découvert la Voleuse des Toits à la boutique de mon chéwi. Hyper qualitatif, une belle couverture, une mise en page sympa, un quatrième de couv' bien formulé et en jetant un coup d’œil dans le livre, une absence de coquilles ou de fautes.
    L'autre moment qui m'a fait réfléchir à tout ça, c'est en suivant les péripéties d'une amie vis à vis des maisons d'édition. Je l'ai aidée sur des romans de fantasy et ai parallèlement suivi son parcours. Elle est éditée dans une maison d'édition pour ses romans jeunesse, mais c'est un peu quitte ou double pour le DE qui lui échoie (Il préfère mettre en avant ses propres écrits que vraiment suivre l'auteur. Il n'a pas de formation non plus.). Les délais pour les ME plus importantes sont excessivement longs, et régulièrement les formulaires à remplir laissent pensifs. Devoir résumer son livre, en dévoilant l'intrigue, par ex. En gros tu mets des mois à écrire un roman, à le peaufiner et au final, tu fois le condenser grossièrement ? 6 mois, 1 an d'attente. Quand tu as un accusé de réception ! Ce qui n'est pas toujours le cas.

    A côté de ça, des influenceurs n'ayant jamais écrit sont démarchés par des ME très importantes, pour vendre du vide. Beaucoup de DE sont aussi à double casquette, alors qu'écrire c'est un boulot à temps complet à mes yeux. On ne peut pas s'occuper du travail d'un auteur à 200% (ou de plusieurs) quand on écrit soit même. L'édition est un milieu élitiste, qui bien que passionnant me laisse souvent perplexe.

    Donc, DU COUP, je comprends que certains auteurs préfèrent l'auto édition (l'amie en question le fait également pour certains de ses livres). Même si cela engage un coût financier important au final, entre les envois presse au frais de l'auteur, la publicité à gérer soit même etc. Ça a, je suppose, quand même un côté gratifiant.

    Finalement, il n'y a pas peut-être pas plus de "mauvais" livres en auto édition qu'en ME. Surtout au vue de la masse de livres. Juste plus d'a-priori initiaux.

    Et toutes mes excuses pour ce pavé !!

    Paule

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  2. Bonjour,

    Merci pour votre commentaire ^^

    Avant de me lancer dans l'AE, je trouvais que l'édition traditionnelle avait un côté qui faisait rêver. Et puis, en effectuant des recherches, j'ai commencé à voir les aspects plus négatifs : le faible pourcentage des droits d'auteur, une certaine opacité quant au nombre d'exemplaires vendus, la surproduction qui laisse peu de temps à un titre pour trouver son public...

    D'ailleurs, si vous ne l'avez pas vue, je vous recommande la vidéo de Marie Caillet où elle explique sa décision de passer de l'édition traditionnelle à l'AE : https://www.youtube.com/watch?v=pvGOCKr5N9g

    Oui, le parcours de votre amie est assez représentatif du "parcours du combattant" que représente l'édition traditionnelle. Malheureusement, c'est souvent beaucoup d'attente pour une lettre type de refus...
    C'est aussi une des raisons qui m'ont poussée vers l'AE =)

    Je vous souhaite une bonne journée !

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