Comment j’ai fini par trouver ma voie ?

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Bonjour à tous ! J’espère que vous allez bien 😜 Aujourd’hui, je souhaitais partager avec vous un article plus personnel et vous raconter comment, en suivant des études qui ne me passionnaient pas, j’ai fini par trouver ma voie. N’hésitez pas à me dire en commentaire si cet article vous a plu ^^ Bonne lecture !

Pour présenter un peu mon parcours, j’ai été assistante éditoriale pendant trois ans. Alors, si vous avez une idée assez vague de ce métier, l’assistant éditorial est la personne qui va transformer un texte brut, le manuscrit qui a été sélectionné par le comité de lecture, en un livre prêt à être publié. Pour faire simple, c’est la personne qui va apporter toutes les corrections nécessaires, d’orthographe, de grammaire et qui va vérifier les incohérences dans le texte, mais aussi veiller à harmoniser des petits détails comme, par exemple, « Tiens, à la page 54, Mathieu s’écrit avec un t alors qu’au chapitre précédent, c’était avec deux t. » C’est un métier qui impose une certaine rigueur et qui nécessite aussi une bonne mémoire car, parfois, pour relever une incohérence il faut se souvenir d’un passage qu’on a pu lire cent/deux cents pages plus haut.

Quand j’ai commencé mes études, ce n’était pas du tout le métier vers lequel je me dirigeais. À la base, j’ai suivi des études de droit – ce qui n’a vraiment rien à voir. Alors, comment ai-je réussi à basculer de l’un à l’autre ?

Petit retour en arrière. Depuis mon enfance, à la fameuse question « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? », je répondais toujours « Je ne sais pas. » Je n’avais strictement aucune idée de ce que je voulais faire. Mon seul rêve, c’était d’écrire des romans, mais à cette époque je scribouillais en secret, j’avais honte de mes histoires et de toute façon, pour reprendre cette phrase que nous répètent souvent les parents, « écrire n’est pas un métier ».

Un beau jour, je me suis donc retrouvée en Terminale et il a fallu faire un choix. Sans vraiment de motivation, je me suis dirigée vers des études de droit, je me disais que cela me plairait peut-être. Et dès la première année, j’ai détesté… Pourtant, j’ai continué car je souffrais de ce qu’on peut appeler le « syndrome de la bonne élève ». Pour moi, renoncer, admettre que j’avais perdu une année, c’était une forme d’échec.

Alors, j’ai poursuivi la licence et pour chaque partiel, je m’imposais un programme de révision intense. C’était simple, j’apprenais l’ensemble de mes cours par cœur. Aujourd’hui, je ne serais plus capable d’une telle prouesse, mais à cette époque, je passais des dizaines d’heures, enchaînée à mon bureau, à me gaver de définitions, d’arrêts de la Cour de cassation, d’articles de code et quand j’arrivais à l’épreuve, je pouvais réciter le cours de la première à la dernière ligne. En fait, je n’avais aucune réflexion juridique, j’apprenais bêtement et je recrachais tout ce que j’avais ingurgité. Et sitôt l’examen terminé, j’effaçais complètement le cours de mon cerveau, je faisais un black-out total, car j’avais besoin de faire de la place dans ma tête pour l’épreuve suivante…

Grâce à cette méthode, j’avais de très bonnes notes, mais je n’étais absolument pas heureuse. J’avais l’impression de vivre la vie de quelqu’un d’autre. Quand j’étais en amphithéâtre, je regardais mes condisciples et je me demandais sincèrement comment j’avais atterri là. Pourtant, à chaque fois, je continuais. Je me disais « Tu ne vas quand même pas renoncer, tu as eu la mention bien, pense à toutes ces heures de révision, ce serait comme si tu avais travaillé pour rien… » Et bien sûr, plus je continuais, plus je me sentais prisonnière. C’est plus facile de partir en L1 qu’en L3. « Attends, tu vas bientôt avoir un diplôme, finis au moins ta licence… » Une fois la licence obtenue, j’ai enchaîné avec un master. Encore une fois, je me sentais obligée de poursuivre dans ce cursus car, à mes yeux, cela aurait été tout gâcher que de faire marche arrière…

En parallèle, je souffrais de véritables crises d’angoisse chez moi, dans les transports en commun, à la fac. Je n’avais aucune envie d’aller en cours. C’est peut-être bizarre à dire, mais je ne vivais que pour les mois d’été, pour les grandes vacances où j’écrivais du matin jusqu’au soir. Le reste de l’année, j’avais conscience de foncer dans un mur, de subir une existence qui était en train de me bouffer de l’intérieur… Ce sentiment s’est surtout cristallisé en M2. J’étais à la Sorbonne, je souffrais du syndrome de l’imposteur, j’avais l’impression de ne rien savoir, de n’avoir aucune connaissance en droit et surtout de ne rien avoir à faire là. Et cette année, en particulier, il fallait choisir son orientation : avocat, magistrat et moi, je ne me voyais absolument pas là-dedans. D’habitude, je me contentais de monter une marche, j’étais passée de la L1 à la L2, de la L2 à la L3… Là, il n’y avait plus de marche.

Les crises d’angoisse étaient de plus en plus fréquentes. Et puis, un jour, j’ai décidé de prendre ma vie en main. D’arrêter de me mentir et d’écouter enfin mes envies. J’ai donc claqué la porte de la fac de droit et ce jour-là, je me suis sentie libérée d’un véritable poids… Pour la première fois, j’avais cessé d’être la bonne élève, je n’avais même pas terminé mon année… Quand je me suis retrouvée seule, chez moi, j’ai un peu paniqué ; j’avais peur qu’aucune formation ne m’accepte avec mon dossier et surtout que personne ne comprenne ce brusque changement de parcours. En tirant une croix définitive sur le droit, j’ai commencé à fouiller en moi pour trouver un domaine qui me correspondrait davantage. Ce que j’aimais, c’était écrire et ce qui, pour moi, se rapprochait le plus de l’écriture, c’était l’édition.

En regardant sur internet, j’ai trouvé un master qui, comme condition d’admission, imposait d’avoir un bac +3, peu importait même le domaine d’études du moment que le candidat était motivé. Comme j’avais déjà une maîtrise, j’ai atterri directement en M2 car celui-ci reprenait une partie des cours du M1 et en seulement un an, j’ai obtenu mon diplôme en édition. Cette année a été très riche pour moi : pour la première fois, j’étais contente de me lever le matin pour aller à la fac ; j’ai croisé des étudiants qui, eux aussi, venaient d’horizons variés ; j’ai suivi des cours intéressants (et d’autres un peu moins ^^) et surtout je me suis épanouie.

Ce que j’essaye surtout de vous dire dans cet article, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour trouver sa voie. Qu’il vaut mieux gâcher quelques années de sa vie plutôt que de s’obliger, une existence entière, à suivre un chemin qui nous déplaît. J’ai compris cette leçon assez tardivement le jour où j’ai choisi d’être moi, plutôt que quelqu’un d’autre…

J’espère que cet article vous a plu 😊


Crédit image : Matt Ragland sur Unsplash

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2 commentaires

  1. Oui pour réaliser ses rêves il faut avoir le courage de sauter dans le vide, l'inconnu et surtout être fidèle à la personne que l'on est au fond de soi. Bravo en tout cas!

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